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Comment Alliances échappe à la crise

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Au-delà de la crise de l’immobilier du luxe, le potentiel de développement du secteur, aussi bien sur les segments haut de gamme et résidentiel que sur l’intermédiaire, reste fort. 
Cependant, exception faite de Casablanca et Rabat (où il existe encore une réelle demande), «il y a une grande mévente dans les villes secondaires», admet Alami Lazraq, PDG d’Alliances Développement, pour qui «seules les immobilières cotées tirent leur épingle du jeu». Le reste, quelles soient marocaines ou multinationales, «traverse une grosse crise». Le secret du groupe dans le segment luxe est de «ne pas construire à blanc», c’est-à-dire ne construire que ce qui est déjà vendu ou sur une promesse de vente dûment signée et réglée.

En signant ainsi un protocole de joint-venture pour la réalisation de logements de «grand luxe» à Casablanca, avec le libanais Benchmark (cérémonie le 28 octobre), l’idée pour Alliances est de mettre la main sur les dernières niches de terrains pouvant répondre à leur objectif. Au rythme de 40 à 50 unités/an pour, à terme, arriver à 100 dans cette «seule ville du pays où le prix du foncier ne baisse pas», Alliances-Benchmark veut y «révolutionner le haut de gamme de l’immobilier», qui, jusqu’ici, selon Lazraq, a pêché par son manque d’imagination et de finition. A plus de 50.000 DH/m2 pour des appartements de 200 à 400 m2, la première mouture du projet-témoin prévoit des parties communes de luxe avec service d’accueil comme dans un hôtel de luxe, salons de réception de visiteurs, service de sécurité, business center, buvette, solarium, spa… La clientèle cible devrait être la même que le groupe «traque» pour ses autres projets de luxe notamment à Marrakech. Ce qui, bien plus que la coquette somme encaissée, est «un témoignage fort pour la destination Maroc», selon Lazraq.

Pourquoi élargir le périmètre d’activité d’Alliances au BTP? Pour le DG du groupe, Karim Belmaâchi (ingénieur et ancien banquier), «le choix du secteur BTP est la continuité logique d’intégration et de développement d’Alliances». En intégrant le bâtiment, Alliances veut contrôler son prestataire de services, sur les délais et sur la qualité… ce qui est difficile à obtenir avec des prestataires indépendants. Donc Alliances n’a pas peur d’alourdir ses charges, alors que la crise est là. Par ailleurs, en acquérant EMT et Somadiaz, «Alliances investit dans un secteur très faiblement impacté par la conjoncture actuelle», relève Belmaâchi. Objectif immédiat: porter le chiffre d’affaires du pôle Construction, actuellement de 760 millions de DH, à 2 milliards de DH en 2012. EMT-Somadiaz est l’une des 3 entreprises homologuées pour la construction de barrages au Maroc, rappelle Lazraq. Quid du ralentissement des affaires sur l’habitat intermédiaire? Le patron d’Alliances affirme que ce secteur, qu’il ne veut pas qualifier de social ou économique, «n’est pas en crise». Son plan d’investissement de 23,4 milliards de DH sur 3 ans, entre 2008 et 2010, reste inchangé. Il en est de même des projets des autres pôles.

Le résidentiel & tertiaire, près de 20% du business du groupe, avec un chiffre d’affaires de 11 milliards de DH en 2008, est de loin la locomotive du groupe. Les projets dans le pipe, Atlas Nakhil, Dar Bouâzza, Les Arènes, Casa City Center, Tanger Resort, l’Avenue des marques à Fès ou encore Sindibad. Dans ce dernier projet, Alliances, chef de file avec 25%, est retenu dans un consortium formé de Palmeraie Développement, Actif Invest et Somed (ces deux derniers sont partenaires financiers). La péréquation autour de ce projet, géré pour le compte de la ville par Casa Aménagement, a permis de dégager une assiette foncière de 200.000 m2 qui sera développée par les deux immobilières du consortium, en charge avec les collectivités locales du relogement de 1.000 familles dans la nouvelle ville de Rahma. La partie parc, zoo et musée archéologique, d’un investissement de 450 millions de DH, qui sera ouverte au public en 2013, est confiée à La Compagnie des Alpes. D’ici à fin octobre, «selon la convenance du wali», les négociations devraient être bouclées et le début des travaux est prévu début 2010.

Fondation Alliances pour le développement durable


La Fondation Alliances pour le développement durable a vu le jour au moment où Alliances entrait en Bourse. C’était en juillet 2008. L’objectif de cette fondation, que dirige Albert Mallet, est de «poursuivre plus concrètement» les actions du groupe, explique laconiquement le PDG du groupe, Alami Lazraq, pour qui «cette institution est le fruit de notre volonté et de notre devoir d’accompagner le développement du Maroc». Son conseil scientifique est constitué par des personnalités dont l’action en faveur du développement durable est reconnue. L’action de la fondation sera axée sur les secteurs de l’éco-construction, des énergies renouvelables, des économies d’énergie et du développement social. L’aménagement et le développement de la nouvelle zone touristique intégrée de Tifnit, confiés à Alliances, devraient servir de test, pour faire ses preuves dans le développement durable.
La fondation va agir sur deux volets: améliorer le niveau de compétences des jeunes Marocains pour leur permettre d’acquérir certaines expertises et intégrer ainsi le monde du travail, et agir contre les premiers signes de dégradation de l’environnement dont souffre le Maroc.
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