La majeure partie des institutions internationales spécialisées a en effet ajusté ses prévisions de prix à la hausse. Le FMI table désormais sur un prix moyen du baril (panier) plus élevé, avec 116,50 dollars pour 2008 et 125 dollars pour 2009.
Au Maroc, le gel du mécanisme d'indexation a jusqu'alors permis de préserver le marché local de l'effet de ces hausses sur les prix à la pompe. Ainsi, et selon Bank Al- Maghrib, les charges de compensation des produits pétroliers sont en forte croissance puisqu'elles ont crû de 21% en 2007 pour atteindre 10,3 MMDH, contre 12% en 2006. Dans le cadre de la loi de Finances 2008, il était prévu d'y consacrer une enveloppe globale de 8,7 milliards de DH, hors arriérés, sur la base d'un scénario optimiste à 75 dollars le baril, soit une hausse de 50% par rapport à la loi de Finances 2007.
Le budget global alloué à la compensation a depuis lors été augmenté, par décret, de 14 milliards de DH. Les simulations de Bank Al-Maghrib, relatives aux charges de compensation pour l'année en cours, montrent que ces chargesoscilleront entre 9,5 et 11 MMDH pour les huit premiers mois de l'année 2008, concernant la seule composante Gasoil, soit entre 109,2% et 126,4% du montant budgétisé pour l'ensemble des produits pétroliers.
Le niveau de prix actuel sur le marché international, supérieur à 75 dollars, devrait, selon la Banque centrale conduire à une augmentation du prix domestique du gasoil, si le mécanisme d'indexation est pleinement appliqué.
L'institut d'émission anticipe toutefois le maintien du mécanisme d'indexation pour le reste de l'année en cours. Cependant, le projet de refonte du système de compensation combiné à l'introduction du gasoil 50 ppm laisse penser que les prix du gasoil à la pompe seront vraisemblablement ajustés à la hausse en 2009. On prévoît ainsi une stagnation du prix du gasoil à la pompe en 2008 au niveau de 7,22 DH par litre, suivie par une hausse de l'ordre de 14%, intervenant au premier trimestre de l'année 2009, équivalente à 1 DH/l, soit un prix de 8,22 DH par litre.
Ceci signalé, et sur le front des prix, Bank Al-Maghrib estime qu'au terme de l'année 2008, l'inflation devrait très certainement s'établir à un niveau sensiblement supérieur à celui enregistré en 2007, passant de 2,1% à 3,9%. L'inflation moyenne pour les deux derniers trimestres de l'année en cours a été revue à la hausse de 2,1% à 4,4%, de même que la prévision annuelle pour 2008, qui a été relevée de 2,7% à 3,9%.
En ce qui concerne l'année 2009, le taux d'inflation probable serait de l'ordre de 3,6%. L'inflation augmentera donc de manière significative au cours du trimestre courant pour atteindre 4,6%, pour ensuite se situer à 4,2% au terme du quatrième trimestre de l'année 2008, essentiellement tirée en cela par la poursuite du processus graduel de répercussion de l'effet de diffusion du renchérissement du prix des biens échangeables vers les non-échangeables, principalement les services. Pour les quatre trimestres de l'année à venir, la Banque centrale prévoît un taux d'inflation de l'ordre de 4,1% (au lieu de 2,4% précédemment), 3,4%, 3,2% et enfin 3,5% ; des niveaux élevés qui s'expliqueraient en partie par un phénomène d'inflation importée.
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La hausse du SMIG
Les incertitudes entourent l'évolution future d'un certain nombre de déterminants de l'inflation. Des risques sont liés aux incertitudes entourant l'évolution de la conjoncture internationale (incertitudes accrues entourant l'évolution future des prix des hydrocarbures, des prix des produits et matières premières agricoles; une spécification incomplète des principaux axes de la future politique énergétique du Maroc; ainsi qu'un niveau d'inflation plus élevé chez nos principaux partenaires commerciaux) et, d'autre part, des risques liés à l'environnement national : incertitudes sur la soutenabilité à moyen terme du système de compensation; manque de visibilité quant aux réalisations des campagnes agricoles futures; un rythme de progression élevé du crédit, bien qu'en ralentissement; ainsi que les répercussions escomptées de la hausse du SMIG sur l'inflation. La matérialisation d'un ou plusieurs de ces risques pourrait conduire à une inflation supérieure à la prévision centrale, avec une valeur comprise (avec une probabilité de 90%).
















