C’est par Tanger que la Caravane de la Bourse de Casablanca a démarré son périple qui devra la mener à travers les principales régions économiques du pays.
L’objectif reste «assez anodin, démystifier le concept de la Bourse et des mécanismes qui la régissent, surtout celui de l’introduction en Bourse», selon Aomar Yidar, président du conseil d’administration de la Bourse de Casablanca. Ce dernier intervenait lors d’un panel face à un large auditoire de cadres et d’hommes d’affaires de la région. En effet, malgré les récentes introductions en Bourse que le pays a connues, beaucoup de travail de vulgarisation reste encore à faire auprès du public, même spécialisé, sur les concepts liés à la Bourse.
La récente crise économique internationale, le cas Madoff, par exemple, ne sont pas de nature à dépasser l’appréhension d’une large tranche de la population pour qui la Bourse est une affaire de «gros sous et de gros bonnets». A la Bourse de Casablanca, il y a actuellement entre 70.000 et 80.000 investisseurs pour un total d’entreprises cotées de 77. Dans les deux cas, la Bourse entend bien afficher ses ambitions d’aller au-delà de ces chiffres. En ce qui concerne le nombre d’entreprises cotées, l’objectif est de doubler leur nombre pour atteindre 150 sociétés sur le moyen terme, selon Yidar. Par contre, concernant le nombre d’investisseurs, de boursicoteurs, l’idéal serait d’atteindre au moins 10% de la population du pays, ajoute sur un ton réaliste le président du conseil d’administration de la Bourse.
Si la Bourse présente pour les investisseurs un réel intérêt en matière d’épargne, pour les entreprises, elle peut constituer un réel levier d’investissement et de croissance, selon Abdessamad Issami, directeur délégué de CDG-Capital. Pour ce dernier, la Bourse permet de satisfaire les divers besoins de toute entreprise, quelle que soit sa taille et ce, en l’aidant à diversifier ses sources de financement ou en renforçant son capital image, tant à l’interne qu’à l’externe.
Pour Aluminium du Maroc, une des deux entreprises cotées en Bourse du Nord, ce gain en notoriété est bien réel et va au-delà des frontières. Pour cette entreprise, cotée depuis 1998, la cotation lui a permis de gagner la confiance de ses fournisseurs de matières premières, se permettant de «payer à vue» sans avance à la commande, selon son directeur général, Jaouad Skalli. Depuis lors, le chiffre d’affaires d’Aluminium du Maroc a allégrement progressé de plus de 250% tout en augmentant sa capacité de production. Un effort qui a été possible en partie grâce à l’appui du financement récolté via la Bourse, selon Benoit Vaillant, son directeur administratif et financier. Un témoignage qui en dit long et qui pourrait servir pour encourager d’autres entreprises de la région.













