Pour la première fois, le chiffre d'affaires de Centrale Laitière dépasse la barre des 6 MMDH en 2010 (+7,7% par rapport à 2009). Changement de l'environnement de consommation des produits laitiers, dynamique de la politique d'innovation, engagement d'investissement importants, amélioration de la qualité… autant d'éléments qui ont permis à ce groupe agroalimentaire de gagner en compétitivité. La croissance organique du chiffre d'affaires résulte essentiellement d'une croissance des volumes de l'ordre de 7,8%.
Cette performance illustre le maintien de la dynamique des ventes et de ses grandes marques telles que Centrale, Yawmy et Jamila, et ce en dépit de la concurrence qui sévit dans le secteur. Ainsi, Centrale, la marque vedette exportable, a permis de générer un chiffre d'affaires de 3 MMDH (+7,4%), tandis que Yawmy et Jamila ont réalisé des chiffres d'affaires respectifs de 1,49 MMDH (+4,7%) et 454 MDH (+13,1%). Des tendances positives enregistrées malgré la remontée des prix des matières premières à l'import. «Malgré la forte inflation des matières premières, Centrale Laitière a privilégié le maintien des prix de ses produits finis. Ainsi, l'accessibilité en termes de prix demeure pour l'entreprise un axe de croissance significatif. Par ailleurs, les actions de productivité et l'amélioration opérationnelle ont permis de réduire significativement l'effet du renchérissement des prix des matières premières importées», a souligné, hier, Driss Bencheikh, président de Centrale Laitière, lors de la conférence de la présentation des résultats annuels 2010.
Dans ce sillage, l'Excédent brut d'exploitation ainsi que le Résultat net récurrent se sont établis en 2010 à respectivement 1,13 MMDH (-1,3% par rapport 2009) et à 558 MDH (-1,9% par rapport 2009). Le Résultat net part du groupe (RNPG) ressort à 558 MMDH. Quant à la capacité d'autofinancement, elle progresse de 3,1% à 886 MDH. Les investissements ont, à leur tour, continué d'augmenter pour se situer à 579 MDH en 2010, contre 434 MDH en 2009 et 191 MDH en 2006. Sur le plan des perspectives et grâce à sa capacité d'innovation, la qualité de ses produits et la force de son réseau de distribution, Centrale Laitière semble déterminée à jouer son rôle de locomotive du secteur laitier national et à relever de nouveaux challenges. Elle ambitionne d'atteindre dans les prochaines années un chiffre d'affaires de 8 MMDH. «On est en train de construire un plan agressif pour réaliser cet objectif dans les meilleures conditions», a confirmé Driss Bencheikh. Pour l'heure, en matière de lait, l'entreprise s'oriente vers l'autosuffisance. Tout dépend de l'amont agricole. La collecte de lait s'est située en 2010 à 620 millions de litres (+14% par rapport à 2009 contre une évolution de +6% durant les dernières années). «Ceci grâce au Plan Maroc vert dans la mesure où des aides ont été accordées aux éleveurs», a-t-il ajouté. En outre, il est à noter que plus de 5 600 génisses ont été importées et 6 circuits d'insémination artificielle ont été créés..
Barrières à l'entrée
L'industrie laitière, dominée par la Centrale Laitière qui contrôle plus de 50% du marché, fait de plus en plus appel à une main-d'œuvre et des compétences hautement qualifiées pour le développement technique des produits, la mise en place de concepts marketing et la conception de l'emballage. Concernant ce dernier point, force est de noter qu'un opérateur international s'apprête à s'installer sur le marché marocain pour fournir les acteurs locaux de cette industrie. En outre, les entreprises allouent des budgets substantiels aux campagnes de promotion et de publicité. Ces facteurs rendent l'accès à l'industrie plus difficile. La plupart des petites et moyennes coopératives qui animaient l'industrie, à travers des offres souvent régionales, l'ont quittée. Celles qui continuent à survivre ont perdu une partie de leurs parts de marché sous l'effet de la concurrence des entités plus industrialisées qui possèdent des réseaux de distribution plus étoffés et une offre plus diversifiée.
En matière de prix, il y a une tendance à l'alignement des prix pour les produits comparables. Une tendance à étoffer la gamme de produits par une diversification continue de l'offre des produits laitiers est également à noter. Cette tendance permet de rendre la comparaison des prix plus difficile pour les consommateurs.
Croissance
Le chiffre d'affaires Lait affiche une croissance à deux chiffres depuis 5 ans, alors que dans les années 90, la croissance annuelle était de 1 à 2 %.
Les produits dérivés sont en forte croissance, soit 12 à 13 %, et ce globalement pour tous les opérateurs du secteur.
















