Semestre de transition pour le Crédit Immobilier et Hôtelier. «Nous passons d’une logique de banque mono activité, à celui d’une banque universelle», précise d’emblée, Ahmed Rahhou, qui présidait pour la seconde fois, depuis son arrivée à la tête du CIH, la présentation des résultats semestriels de la banque.
En clair, CIH opérera aussi bien dans son métier historique, le crédit immobilier, mais envisage, surtout, de se renforcer sur la banque de détail et de l’entreprise. En parallèle, le nouveau management poursuit le toilettage de ses comptes. D’ailleurs, «nous voulons faire de l’exercice 2010 l’année de l’assainissement du CIH», indique Rahhou. Et d’ajouter, «c’est la raison pour laquelle nous avons forcé la dose sur le provisionnement». Du coup, le coût du risque a été amélioré de 38,5% à 138 millions de DH. Idem pour les créances en souffrance nettes des agios réservés qui continuent à leur progression pour s’alléger de 13,7% à 1 milliard de DH.
Au niveau de l’activité commerciale, l’encours des crédits sains progresse de 3% à 23 milliards de DH contre 6,8 pour le secteur. Ce léger ralentissement est lié à l’accalmie observée sur les crédits immobiliers suite au ralentissement de la production des logements sociaux. En effet, la banque qui détient une part de marché de 33% sur ce segment est le premier financier du logement social à travers Fogarim.
Pour leur part, les dépôts affichant une amélioration de leur structure, comme le confirme le PDG, suite à un effet compensé de la croissance de 10% de l’encours des dépôts à vue et de la baisse des dépôts à terme de -5,8%. Résultat, un total des dépôts de la clientèle en hausse de 3% à 19,4 milliards de DH. Le CIH fait ainsi mieux que le marché qui recule (-0,7%).
Pour ce qui est du chiffre d’affaires, CIH affiche un PNB de 617 millions de DH en recul de 4,7% d’un semestre à l’autre. Toutefois retraité des éléments exceptionnels, liés au travail d’assainissement du nouveau management, le PNB ressort à 619 millions de DH en progression de 8,1% par rapport à fin juin 2009.
En parallèle, les frais de gestion avancent de 4,2% à 374 millions de DH, pour découler sur un coefficient d’exploitation de 60,7%. A périmètre récurrent, les frais de gestion se limitent à 353 millions de DH pour un coefficient d’exploitation ramené à 57%. Cette évolution est principalement due à la révision du mode d’amortissement, comme l’affirme Rahhou. De plus, la banque a renforcé son réseau de 10 nouvelles agences. Cela remet en cause le niveau d’ouverture annoncé par le management de 30 nouvelles agences en 2010.
Dans ces conditions, le résultat brut d’exploitation recule de 16% à 242 millions de DH. Même tendance pour le résultat net qui s’affaisse de 22% à 116 millions de DH. En le retraitant d’une plus-value exceptionnelle sur cession d’actifs pour un montant de 80 millions de DH, le résultat net ressort en hausse de 18,8%.
Du côté des chiffres consolidés IFRS, le groupe réalise un PNB de 721 millions de DH en baisse de 12%. Contre-performance plus significative pour le résultat net part du groupe qui se fixe à 24,3 millions de DH contre 248 millions en juin 2009. Cette nette dégradation est à mettre en relation notamment avec la constitution en IFRS d’une provision pour couvrir le risque fiscal pour un montant avoisinant les 200 millions de DH. A ce titre, Rahhou révèle que le CIH a signé un protocole d’accord avec les Impôts. «Nous avons même payé», soutient-il.
Au-delà des agrégats financiers, le déploiement du plan triennal du CIH passe par le développement de la banque universelle. C’est la raison pour laquelle le groupe a conclu un accord avec la CDG pour le rachat de ses parts dans Sofac et Maroc Leasing. A ce titre, le conseil d’administration a consacré l’idée d’augmentation de capital d’un montant à concurrence de 1 milliard de DH. La décision sera prise à partir du mois de novembre, selon Rahhou qui précise que «la CDG et les autre partenaires vont augmenter le capital du CIH pour financer l’acquisition des deux entités». L’objectif est de ne pas dégrader le ratio de solvabilité de la banque qui culmine à 16% soit un niveau bien supérieur à celui du secteur.
Plus de 700 millions pour la vente d’hôtels
AVEC la vente des 7 unités hôtelières pour un montant de 705 millions de DH, à la CDG, «le CIH boucle définitivement le dossier de la chaîne Essalam», précise Rahhou. D’ailleurs, le management a préféré une cession de bloc, après assainissement des situations nettes sur la base d’une évaluation indépendante effectuée par Upline Securities. A travers cette opération, CIH pourra libérer 77 millions de DH de fonds propres selon son PDG. De plus, une partie du prix de cession sera réinvestis en bons du Trésor sur des maturités de plus d’un an. Résultat: une amélioration immédiate à la fois de la trésorerie de la banque et du ratio de liquidité qui culmine à 100%.
















