Plus que quelques semaines avant que les recommandations de l’étude sur le secteur pétrolier ne soient dévoilées. Confiée à un cabinet français, cette étude s’est penchée sur la structure tarifaire des produits pétroliers. Celle-ci est basée sur des structures des prix en amont et en aval et une formule de calcul indexée sur le marché international.
Lancée l’année dernière, l’étude doit évaluer la structure des prix mise en place en 2009, laquelle fixe des marges à tous les stades de la commercialisation. Une évaluation qui doit tenir compte de l’impact sur le raffinage local, sur les importateurs ainsi que sur le budget de l’Etat. Le Maroc, qui importe près de 97% de ses besoins, compte adopter un système de prix de vente des produits pétroliers qui tienne compte des prix du marché international et de la spécificité de l’approvisionnement des différentes régions du Royaume. Il est donc question d’optimiser le coût d’approvisionnement du pays en simplifiant et en réajustant les différentes rubriques de la structure des prix.
De source proche du dossier, les résultats livrés par le cabinet d’études relèveraient «des problèmes de tarification au niveau de certains produits tels que le fuel ONE qui ne dispose pas d’une référence précise».
Le département de l’Energie explore aussi le scénario de la libéralisation des prix pour les produits qui s’y prêtent tout en évaluant l’impact socioéconomique d’une telle option. A ce niveau, un premier pas pourrait être franchi avec le fuel industriel. D’ailleurs, en juillet dernier, le gouvernement n’a pas hésité à répercuter une partie de l’augmentation de son prix au niveau international. Une étude sur le butane et sa décompensation sera également lancée (www.leconomiste.com).
A côté de la tarification, le secteur pétrolier aura également droit à un diagnostic de son stockage stratégique. Il est question d’améliorer la capacité du pays à faire face aux crises d’approvisionnement et atténuer les difficultés locales créées ou aggravées par une défaillance ou un encombrement des circuits habituels d’approvisionnement: infrastructures portuaires, de transport... Le développement de l’industrie du raffinage, des centres de réception des produits raffinés et des capacités de stockage font partie des axes stratégiques de la politique pétrolière du Maroc.
L’idée aujourd’hui est de redéfinir les principes de base pour un concept technico-économique du stockage stratégique. Celui-ci devra cadrer avec les spécificités du Maroc, en particulier sa proximité du marché européen, le niveau de développement des infrastructures portuaires pour la réception de pétrole brut et des produits pétroliers, et leur transport ferroviaire et routier. Le Maroc devrait rapprocher son système de stocks pétroliers des pratiques internationales. L’Agence internationale de l’énergie a fixé à 90 jours des importations nettes le niveau de stock à constituer.
Dans cette étude sur le secteur pétrolier, le financement des infrastructures de stockage est également abordé. Il est question d’examiner la structure actuelle des prix de reprise, notamment la rubrique «rémunération du stockage» et la possibilité de réaffecter une partie de cette rémunération pour le financement des stocks de sécurité et proposer une nouvelle formule.
Ce n’est pas tout. Le département de l’Energie ambitionne aussi de mettre en place une répartition équilibrée des stocks sur le territoire national, soit une décentralisation et une régionalisation des stocks stratégiques. Ce qui favoriserait leur utilisation en cas de rupture des circuits d’approvisionnement. Le niveau des stocks à détenir par région dépendra de la spécificité de la consommation au niveau régional.
Autre chantier, la gouvernance. Une approche optimisée des relations entre l’Etat et le secteur tant au niveau opérationnel que de régulation devrait être mise en place. Et ce, dans la perspective de développement d’un marché pétrolier plus libéralisé. Ce qui permettra à la tutelle de se concentrer sur sa principale mission: assurer, sécuriser et réguler l’approvisionnement du marché national des produits pétroliers. Ainsi, les contours d’un nouveau cadre de partenariat entre l’Administration et les opérateurs se dessinent.
Axes stratégiques
Annoncés en mars 2009, les axes stratégiques de la politique pétrolière se basent sur plusieurs points. C’est le cas de l’approvisionnement continu et régulier du pays en produits pétroliers, la diversification des sources de pétrole importé, la multiplication des points d’entrée pour les produits pétroliers et la généralisation de l’accès aux différents produits. S’y ajoutent le développement de l’industrie du raffinage, la mise en place de centres de réception des produits raffinés et de capacités de stockage dans différentes régions du Royaume, le développement de la recherche pétrolière ainsi que la valorisation des schistes bitumineux.
Le secteur pétrolier est donc appelé à renforcer ses structures, simplifier ses modes de gestion et mettre en place une gouvernance appropriée.
















