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Transmission des entreprises, un marché latent à structurer

Un premier pas est franchi sur le chemin de la banalisation et de la démystification de l'acte de transmettre une entreprise au Maroc. Le baromètre conçu à cet effet a été révélé lundi dernier lors d'une conférence de presse présidée par Ahmed Réda Chami, ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies. Lancé conjointement par l'ANMPE et les cabinets BDO Jiwar et C&O Marketing, avec l'appui du ministère de l'Economie et des Finances, il a confirmé, scientifiquement parlant, qu'«il n'existe pas au Maroc de véritable culture de transmission d'entreprise. Le fait de transmettre son entreprise constitue rarement un choix, il peut même s'avérer une fatalité». En témoigne, entre autres, la préférence des 2/3 des dirigeants interviewés pour la succession familiale. Raisons évoquées, garder un œil sur sa descendance.

Concrètement, ils sont 61% des dirigeants à avoir gardé une certaine implication dans l'entreprise cédée ou envisagent de le faire. Ce pourcentage passe à 73% quand il s'agit uniquement des entreprises familiales. En termes de genre, les descendants hommes se trouvent, comme on pouvait s'y attendre, privilégiés. L'absence du successeur motivé n'explique qu'à 51% la décision de la vente à un repreneur tiers. Et ce, même si 40% des cédants voient la transmission comme un catalyseur potentiel pour booster les activités de l'entreprise ou la sortir de ses difficultés, au moment où 2/3 des dirigeants pensent que le repreneur idéal devrait avoir une vision stratégique pour le développement de l'entreprise.

Pour trouver un repreneur ou un cédant, les relations professionnels (6/10) et les amis/proches (4/10) restent le canal privilégié. Seulement 37% ont eu recours à des prestataires externes (cabinets conseils, expert comptable et sociétés de capital risque). Les banques restent faiblement impliquées (5%). Idem pour les organismes publics (2%) et les associations professionnelles (2%). L'implication des fonds d'investissement dans les rachats d'entreprises demeurent marginales (1/10). Ce qui fait dire aux promoteurs de l'étude qu'il y a un marché latent de la transmission des entreprises. Ce qu'il faut, c'est développer une véritable bourse de l'offre et de la demande des entreprises "cessibles" à travers la circulation de l'information (banques de projets, newsletters…).

Cela étant, 14% des dirigeants interviewés sont réticents à la reprise d'entreprise par peur de passif latent (financier, social et technologique). Chose qui ne peut se dissiper que par «le développement de mécanismes de due diligence et des clauses de garantie du passif». En attendant, «un dirigeant sur cinq, soit 21% des sondés, prône un besoin d'autonomie, une volonté de créer seul son affaire et de maîtriser toutes les étapes de son développement».

D'autant plus que le processus de transmission souffre de plusieurs difficultés et craintes. Ce sont les cédants potentiels qui ont le plus d'appréhension face à la transmission. Il n'y a que 28% d'entre eux qui sont plus favorables à la transmission.

Quant aux entreprises familiales, 7 dirigeants sur 10 jugent le processus compliqué.Globalement, les repreneurs jugent ce processus plus aisé, puisque 59% pensent que la reprise a été plutôt fluide contre 41% déclarant le contraire.
Les difficultés/craintes qui sont le plus pointés du doigt, sont les lourdeurs administratives et juridiques (62%), les relations cédant-repreneurs (53%), les problèmes personnels/familiaux (46%), les problèmes internes à l'entreprise (42%), les problèmes avec les partenaires en amont ou en aval (38%) et assistance externe et information (38%). Tout un travail… de longue haleine.

Echantillon représentatif malgré tout
Le baromètre de la transmission des entreprises a été élaboré sur la base d'une étude menée auprès d'un échantillon de 25 cédants, 25 repreneurs et 70 cédants potentiels. De ces 120 dirigeants sondés, 58 sont des entreprises familiales. «Le nombre est limité, mais il est significatif », tien à rassurer Z. Fahim. Le choix a été effectué parmi les 1000 PME performantes identifié par l'étude faite par Inforisk. Les entreprises, objet d'études, sont celles de création ancienne, dirigées par un propriétaire âgé et dont le nombre de salarié varie entre 20 à 300 salariés.

Un benchmark a été aussi réalisé entre 15 experts du réseau mondial BDO International opérant dans des pays similaires au contexte marocain et/ou ayant une expérience réussie sur la thématique (France, Egypte, Pays-Bas, Irlande, Turquie et Italie), et 8 experts nationaux (ordre des experts comptables, ordre des notaires, un capital risqueur, une institution financière et une chambre de
commerce).

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